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Microsoft change de CEO dans 12 mois : Postulerez-vous?

logo MICROSOFTC’est officiel :

Steve Ballmer, quittera son poste actuel chez Microsoft dans une année.

D’ores et déjà un comité a été désigné pour préparer sa succession et trouver le candidat idéal. Le cabinet de recrutement Heidrick&Struggles est mandaté pour cette mission.

Le marché boursier a réagi positivement à cette annonce avec un bond de 8% de l’action Microsoft…Avant de redescendre à 32.40$.

Steve BALLMER

Steve BALLMER actuel CEO de Microsoft

Microsoft a officiellement « adopté une nouvelle stratégie avec une nouvelle organisation » (NDLR: Projet One Microsoft)…En langage commun, l’entreprise se cherche à nouveau.

Afin de comprendre comment nous en sommes arrivés là, revenons quelques années en arrière, alors que l’entreprise avait une suprématie mondiale, au moment ou Mr Ballmer a pris les rênes de Microsoft en succession de Bill GATES.

A cette époque, tout un chacun désirait avoir un PC, que ce soit au travail ou à la maison. Microsoft noue des partenariats fructueux avec la plupart des fabricants de terminaux et d’électronique et ses « partenaires Gold ».

Ainsi, fort de sa suite logicielle Office, et des versions successives de son système d’exploitation Windows, Microsoft va peu à peu s’immiscer dans la plupart des foyers et des entreprises ayant accès à du matériel informatique.

Renforcé par son partenariat privilégié avec le fondeur Intel, Windows va peu à peu s’imposer, avec il est vrai, des hauts et des bas, en fonction de la qualité des différentes versions de l’OS. Sous la direction de Mr Ballmer, Microsoft va tripler ses revenus, passant de 25 à 77 milliards de dollars.

Microsoft va même, avec succès, aller disputer à Sony et à Nintendo leur suprématie sur l’univers du jeu vidéo (Aujourd’hui un des plus gros marchés mondiaux, devant celui du cinéma, faut-il le rappeler). La Xbox, conçue et fabriquée par Microsoft, possède toujours 32.6% de parts de marché des consoles de salon.

Mais voilà, l’arrivée du Cloud  et des usages SaaS va chambouler cette hégémonie. Ces technologies et leurs applications vont fondamentalement changer les usages des utilisateurs et donc la demande du marché. De nouveaux acteurs vont apparaître que ce soit sur le marché du sofware, du harware ou des services (Google, Samsung, Lenovo…). Leur agilité va leur permettre de rapidement prendre position sur des points stratégiques pour leur avenir. Microsoft va tarder à se positionner sur ce marché et leur laisser prendre une avance qu’il tente aujourd’hui de rattraper.

Car si les revenus de Microsoft restent intéressants et positifs, cela ne s’est pas fait sans quelques échecs cuisants.

Le premier exemple est la sortie de l’OS Windows Vista, remplacé avec succès par Windows 7. Cela n’était pas la première déconvenue de Microsoft sur ce sujet, mais lui a donné sa réputation de « rater un OS sur deux ». Image confortée par la sortie toute récente de Windows 8, extrêmement décrié par le grand public et rejeté en bloc par les entreprises, pour des raisons de compatibilité.

Parallèlement, la gamme Zune et son écosystème, censé devenir le concurrent de l’Ipod d’Apple a été une voie sans issue, jusqu’à se conclure par l’annonce récente de son abandon total.

Sur le marché des logiciels, c’est le modèle de l’achat d’une boite contenant un logiciel avec une licence qui a été chamboulé par l’arrivée des services du Cloud. L’utilisateur ayant de plus en plus tendance à penser  : Pourquoi devrai-je payer pour quelque chose qu’internet peut m’apporter gratuitement?

Se rendant compte que le marché des moteurs de recherche (et avec lui une importante source de revenus) lui échappait, Microsoft lance, tardivement, son propre moteur : Bing, qui n’est toujours pas, à ce jour, au niveau des parts de marché de Google ou de Yahoo!

Même si Microsoft est aujourd’hui bien implanté avec sa suite Office 365 et le bien connu Exchange, les Google Docs et consorts grignotent petit à petit ses parts de marché. C’est surtout son navigateur phare : Internet explorer, qui voit sa représentativité réduire de plus en plus face à Chrome et Firefox.

Mais la plus grosse difficulté actuelle de Microsoft est le marché de l’informatique nomade (NDLR: C’est pour cette raison que nous en parlons sur www.torgancorp.com).

Le premier signal d’alerte fut l’absence totale de Microsoft sur le marché des consoles de jeu portables. Pas très grave me direz-vous aujourd’hui : Les consoles sous Android et autres terminaux mobiles comme les tablettes et les smartphones semblent sur le point d’emporter le marché… Sauf qu’au moment ou le géant de Mountain View a fait le choix de ne pas s’y positionner, personne ne pensait que des leaders -comme Nintendo avec sa célèbre console DS- allaient connaître de telles difficultés.

Et nous sommes bien là au coeur du problème : Le gigantisme de la firme, l’empêche d’avoir la créativité nécessaire et attendue par les consommateurs exigeants d’aujourd’hui. Microsoft a une fâcheuse tendance à oublier d’associer ses revendeurs et clients à son processus d’innovation.

C’est (ce fut?) la plus grosse difficulté de Steve Ballmer : laisser de l’espace à l’innovation (j’entends avec une réelle valeur ajoutée commercialisable) au sein d’une organisation tentaculaire tout en essayant de comprendre les attentes des revendeurs mais aussi des utilisateurs finaux.

Autant le XXème siècle fut une siècle d’ingénierie (les ingénieurs inventaient et les consommateurs achetaient ce qu’on leur proposait), autant le XXIème siècle s’annonce comme un siècle d’usages (les consommateurs expriment un besoin et les ingénieurs créent la solution).

C’est aujourd’hui sur ce marché des terminaux mobiles, où l’innovation est le maître mot et le marketing est très agressif, que Microsoft semble avoir perdu stratégiquement ET financièrement. Rappelons qu’au moment de la passation de pouvoir au début des années 2000, les terminaux mobiles sous Windows étaient parmi les leaders au côté des Psions et autres Palms. Il en est de même pour les premières tablettes tactiles, et nous sommes bien avant le lancement de l’Ipad d’Apple.

L’OS va lentement décliner. Récemment, la dernière version : Windows Phone, avec en fer de lance le partenariat avec l’ancien leader mondial des téléphones portables Nokia, ne parvient pas à regagner le terrain perdu par Microsoft. Android possède aujourd’hui 79.3% des parts de marchés, IOS 13.9% et WP seulement 3.7%.

Ceci s’ajoute au cruel échec du lancement de Windows RT, OS destiné aux tablettes.

MS SURFACE

la tablette Surface, aujourd’hui disponible en version RT et Pro

La plupart des analystes du marché de l’IT se posaient la question du bien fondé de ce positionnement : Un OS spécifique aux tablettes (en plus de celui pour les smartphones), un Market à construire intégralement, un positionnement prix très élevé et une incompatibilité native avec les autres produits Microsoft…Mais Steve Ballmer, en grand vendeur, assurait partout que s’il existait bien quelque part, une société capable d’imposer un tel produit, c’était Microsoft…

Le consommateur « vache à lait » ne s’y est pas laissé prendre…Et ce n’est pas la baisse des prix des terminaux, ni la récente sortie de la version Windows Pro, cette fois ci compatible nativement avec les autres logiciels Microsoft pour PC qui semble en passe de changer la donne. Les produits Microsoft semblent toujours aussi peu attractifs, face à la concurrence, malgré leurs qualités de fabrication.

Pour aggraver le tout, les grands fabricants de matériel PC, qui voient leurs ventes s’écrouler, développent d’autres partenariats que ceux avec Microsoft : Google et Android en tête…Paradoxalement, les derniers résultats du groupe MS étaient en augmentation de 29%. « 

…Seulement 29% », pour les analystes financiers…Qui accordent une confiance toute relative au leader mondial des OS pour PC (NDLR: rappelons tout de même qu’en période de crise, cela satisferait 95% des sociétés et de leurs dirigeants).

Nous avons là, la plupart des raisons de cette annonce de départ. La stratégie « Microsoft One » permettra t-elle de libérer la créativité des employés, en améliorant les modes opératoires et formules de profit de Microsoft, dans une direction créant plus de valeur pour ses clients et l’ensemble de son écosystème ?

Et vous, qu’apporteriez-vous à Microsoft si vous aviez la place de Steve Ballmer?

Pensez-vous que le géant américain a encore de beaux jours devant lui?

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